Les Européennes commencent : Exemple à Anet (28)

Les Européennes commencent : Exemple à Anet (28)
Les élections européennes n'ont lieu que le 7juin prochain mais, déjà, les réunions des différents partis s'organisent un peu partout en France comme à Anet où la section PS dirigée par Marie-Noëlle Groch à organisée vendredi dernier une réunion publique. "Pour une Europe Sociale","Donner une nouvelle direction à l'Europe" telles étaient les problèmatiques du soir. "Nous sommes à un moment clé de l'Histoire, rappel Marie-Noëlle Lienemann euro-député socialiste, et les français, par cette éléction, ont l'occasion de donner une nouvelle orientation à l'Europe : ils ont le choix entre une Europe nouvelle qui tente de trouver des axes pour sortir de la crise et une Europe conservatrice comme depuis 5ans." Egalement présents ce soir là "Arnaud Breuil, directeur de l'ICOSI et qui s'occupera de developper l'aspect social de l'Europe, précise Marie-Noëlle Groch, nous accueillons aussi le 1er secretaire de section federal Patrick Dubourg." Les 36 personnes présentes dans la salle le savent bien "près de 60% des lois française, indique la socialiste anetaise, sont prises sous l'impulsion de l'Union Européenne, d'où l'importance pour les européens de choisir des députés qui soient majoritairement à gauche. Moi ce que je voudrais ce soir, c'est qu'en sortant de cette réunion , toutes les personnes présentes puissent se dire L'Europe c'est aussi nous et nous pouvons la changer." Pour la campagne Marie-Noëlle Groch évoque la nécéssité "d'aller vers les gens pour les écouter, leurs expliquer." C'est aussi le but de cette réunion. Ainsi, pendant près de 3heures, les orateurs vont débattre, expliquer et répondre aux questions des militants. Tout y passera : des explications fondamentales sur les institutions européennes jusqu'au "Manisfesto", cet accord commun de tous les socialistes européens. A la fin de la réunion, un spectateur demande " Mais dans ce manifesto, il y a-t-il des articles qui permettraient de lutter contre des fléaux qui ont une influence directe sur notre vie comme le chômage ?" "Pas directement, avoue Marie-Noëlle Lienemann, mais si le parlement est socialiste, nous pourront - à partir de cet accord commun - trouver des axes pour sortir de la crise et lutter contre des problèmes réccurents comme la délocalisation ou le licenciement." Enfin Marie-Noëlle Groch réaffirme la nécessité "d'aller votez le 7juin" car "l'Europe est entre les mains de chacun".

# Enviado el lunes 30 de marzo de 2009 16:06

L'intervention présidentielle à Gagny : Un symbolisme qui n'avait pas lieu d'être

L'intervention présidentielle à Gagny : Un symbolisme qui n'avait pas lieu d'être
Gagny, « ville fleurie », au sud-est de la Seine-Saint-Denis, 38 000 habitants. Un lycée y fut attaqué par une vingtaine de jeunes la semaine dernière. Nicolas Sarkozy l'avait choisi pour faire son annonce du jour contre les « bandes violentes » mercredi 18 mars. Avec ces nouvelles mesures de sécurité et de répression, le président français a voulu justifier un peu plus la surveillance générale des libertés.

Les bandes violentes, cibles des services secrets
La police recense 222 bandes organisées en France, comme le rappelait le jour même la ministre de l'Intérieur : « Vous avez aujourd'hui en France 222 bandes recensées. Ces 222 bandes sont à 79 % en région parisienne et elles comportent environ 2 500 individus qui sont des permanents de ces bandes, 2 500 autres qui sont des occasionnels, parmi eux vous avez 47 % de mineurs ». Et Alliot-Marie complète : « 53 % des membres de ces bandes sont donc majeurs et la grande majorité d'entre eux sont des gens désocialisés et cette désocialisation se marque par des attaques contre tout ce qui représente l'autorité, l'Etat et notamment les policiers ». Fichtre ! On attendrait presque qu'elle nous les nomme un par un. Que fait la police ? Elle travaille. La ministre a en effet justifié la création de la fameuse DCRi, la Direction Centrale du Renseignement Intérieur comme la véritable réponse de l'Etat à cette menace. Après l'ultra-gauche et Julien Coupat, les bandes violentes sont le nouveau totem de la Sarkofrance sécuritaire. Cette fois-ci, le président français ne pourra pas décemment jouer de la « rupture ». Il a été deux fois ministre de l'Intérieur entre 2002 et 2007. Rappelons cette évidence. Les victimes des bandes violentes seront heureuses de savoir que Nicolas Sarkozy a dû créer une « National Security » à la Française, cette DCRI, pour lutter enfin efficacement contre 2 500 jeunes organisés.

Délinquance en hausse en Sarkofrance
Michèle Alliot-Marie, et son président de tutelle, se gardent bien de commenter deux tristes faits : la délinquance, surtout violente, augmente. Et le système sécuritaire mis en place est également utilisé de façon disproportionnée et douteuse sur des cas mineurs. Apprendre que la DCRI s'est penché sur le cas de lycéens blogueurs qui commentaient sur leur site les mesures Darcos est risible et inquiétant à la fois. Concernant la délinquance, Michèle Alliot-Marie s'est fendue d'un joli demi-mensonge mercredi dernier, en préambule de l'intervention présidentielle à Gagny : « Dans le même temps où il y a une baisse de la délinquance, à l'intérieur de la délinquance, vous avez des montées de certaines actions, par exemple les escroqueries [...], une montée des vols à main armée et une montée de la violence de la part d'un certain nombre de jeunes ou de moins jeunes ». Faudra-t-il lui rappeler que la délinquance générale a stagné l'an passé, tandis que la hausse frappait les toutes les catégories d'actes violents ?

Les nouvelles mesures du Président
Mercredi après-midi, après un passage par la Préfecture de police de Paris, le cortège présidentiel est parti sur Gagny. Là-bas, Nicolas Sarkozy a fait ses annonces : « Ce qui s'est passé à Gagny doit nous servir de leçon. On n'est pas décidé à accepter qu'il y ait un autre événement de cette nature ». La presse reprend allègrement le communiqué officiel, et avec une telle précision qu'il nous fallait bien lister ces mesures une par une. Grande nouvelle, il n'y pas 16 mais 11 mesures. Au programme, davantage de police de proximité (pardon, d'« UTEQ »), de fichage, et des peines aggravées :

1. « Création d'un fichier dédié aux violences urbaines et au phénomène de bandes »
Commentaire présidentiel : « Le ch½ur des bien-pensants va sans doute se déchaîner au seul mot de fichier, a-t-il ironisé, mais cela n'a aucune importance. » Simple annonce marketing, puisque l'outil existe déjà depuis 1996. Comment sinon la ministre pouvait-elle recenser avec autant de précisions 222 bandes organisées en France ?

2. Mise en place d'une « police d'agglomération avec un état-major à l'échelle des agglomérations », chargée de coordonner la collecte du renseignement et l'action de la police.
Cette gestion serait confiée aux SDIG départementales, les sous-directions de l'information générale (SDIG) rattachées à la DCRI.

3. Création « de groupes spécialisés pour traiter les violences urbaines et les agissements des bandes, au sein des directions départementales de la sécurité publique ».

4. Création de 100 nouvelles unités territoriales de quartier (Uteq, comme il en existe déjà huit en France dont trois en Seine-Saint-Denis). En d'autres termes, c'est un renforcement de la police de proximité que Nicolas Sarkozy avait supprimé en 2002, même s'il s'en défend : « Ces forces sont aux antipodes de feu la police de proximité. Il s'agit de connaître le terrain, et non de jouer au foot avec des délinquants ».

5. Création de 23 compagnies de sécurisation (avec chacune 150 fonctionnaires spécialement formés au maintien de l'ordre dans les « quartiers sensibles »).

6. Mise en place de 75 systèmes municipaux de vidéo protection et surveillance dans 400 établissements scolaires.

7. Création d'une peine de 3 ans d'emprisonnement « pour participation en connaissance de cause à un groupement, même formé de façon temporaire, poursuivant le but de commettre des atteintes volontaires contre les personnes ou contre certains biens ». On voit poindre un délit de mauvaise fréquentation, dont la constatation sera éminemment subjective et contestée, sur le modèle de la législation antiterroriste. « Je demande la création d'une peine de trois ans d'emprisonnement pour participation, en connaissance de cause, à un groupement, poursuivant le but de commettre des atteintes volontaires contre les personnes ou certains biens. Le fait même d'appartenir à une bande doit être un délit » a déclaré Sarkozy.

8. Transformation en délit l'intrusion dans un établissement scolaire.

9. Peine aggravée pour les agressions contre les personnels de l'Education nationale.

10. Identification sous dix jours des 100 à 200 établissements les plus touchés par des intrusions.

11. Renforcement du filtrage et du contrôle aux entrées des établissements. En particulier, le président a prévu l'extension aux enseignants, à l'intérieur des établissements scolaires comme à l'extérieur comme les transports en commun -, de la même protection que celle dont bénéficient les « agents dépositaires de la force publique ».

Bref, cette dizaine de mesures ne méritait aucune annonce présidentielle. Mais Sarkozy ne pouvait se passer d'un tel déplacement symbolique. Côté sécurité, le président est parfois mal entouré, comme en témoigne le Canard Enchaîné. Mais cela, c'est une autre affaire...

Dans son édition du 18 mars, Le Canard Enchaîné révèle que la sécurité du colloque organisé le 11 mars à Paris à l'Ecole militaire autour de Nicolas Sarkozy - le chef de l'Etat y a annoncé le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN - a été assurée par une société de vigiles privée particulière, Vendôme Sécurité. Cette société est dirigée par Axel Loustau, un ancien cadre du GUD (Groupe Union Défense), mouvement d'extrême droite musclée et violente, qui a gardé des liens avec ce milieu. Axel Loustau est l'un des contributeurs des Rats Maudits, ouvrage dans lequel plusieurs générations de « Gudards » relatent leurs hauts faits. Il avait été candidat FN aux législatives 1997 dans les Hauts-de-Seine
[ Añadir un comentario ] [ Ningún comentario ]

# Enviado el sábado 21 de marzo de 2009 12:47

Otan en emporte Sarko !

Otan en emporte Sarko !
Par Antidote. Nicolas Sarkozy procède avec la diplomatie de la France comme avec les institutions. Il souhaite inscrire sa propre pratique dans les textes. Il est là, le péché le plus grave du sarkozysme.

Ainsi, ceux qui déclarent que l'indépendance nationale est mise en cause par notre retour dans le commandement intégré de l'OTAN sont des menteurs. « Mensonges éhontés », vitupérait le Président de la République mercredi dernier.

Une intégration qui ne change rien
Techniquement, cette assertion pourrait se vérifier. L'Allemagne a refusé la Guerre d'Irak comme la France et alors qu'elle est membre du commandement intégré. Mais Nicolas Sarkozy et la plupart de ses relais font semblant de ne pas voir autre chose que la technique. Car il y a aussi la Politique. Et en faisant de la Politique, on est bien obligé d'examiner tous les paramètres. Et de constater notamment que si l'Allemagne n'a pas été contrainte d'envoyer des troupes en Irak en 2003, le statut de la France ne l'a pas empêchée de participer à la Guerre du Golfe en 1991, ni à celle du Kosovo en 1999 (1). D'ailleurs, certains partisans du retour dans le commandement intégré n'hésitent pas à dire que cette évolution ne change rien. Tiens donc ! Et si cela ne change rien, pourquoi diable y retournons nous ?

Cette décision de Nicolas Sarkozy est donc éminemment politique, idéologique même. Certains défenseurs de l'initiative présidentielle l'assument parfaitement. Pourquoi donc le Président n'en fait-il pas autant ? Pourquoi n'assume t-il pas son atlantisme ? Ce n'est pas un gros mot, atlantisme. Je connais d'ailleurs de très sympathiques atlantistes. Je ne suis pas d'accord avec eux. C'est tout. Cela n'empêche pas une bonne bouffe. Pourquoi alors cette prudente réserve ? Pourquoi même justifier cette décision avec l'aide du champ sémantique de ses adversaires ? Parce que Nicolas Sarkozy fait de la Politique justement, au sens du « Prince » de Machiavel. Alors, permettons nous d'en faire aussi.

« L'arrogance de la France dans ses relations avec les États-Unis »
Une décision ne peut pas être jugée indépendamment du parcours politique de celui qui la prend. Et si on observe attentivement le parcours, les déclarations de Nicolas Sarkozy, on peut noter qu'il a toujours connu un penchant atlantiste, qu'il a toujours moqué « la nostalgie gaullienne » (2), à l'exception de la campagne présidentielle de 2007. Pendant cette courte période, durant laquelle les Français devaient se forger une opinion pour élire leur Président -excusez du peu-, on l'a même entendu dire que nos troupes en Afghanistan devraient être rapidement retirées. Pas question de retour dans le commandement intégré, pendant la campagne électorale. Trop dangereux. Comme disait Guaino : « en France, on ne peut se faire élire en étant libéral, atlantiste et communautariste. » Pourtant, il est arrivé à Nicolas Sarkozy de tomber le masque : on aurait quand même pu s'en souvenir. Alors qu'il représentait la France à la commémoration des attentats du 11 septembre 2006 à New-York, il dénonçait « l'arrogance de la France dans ses relations avec les États-Unis ». Cette phrase aurait dû lui valoir l'éjection du gouvernement. C'était sans compter la faiblesse et l'usure de Jacques Chirac. Remontons encore plus loin dans le temps et observons l'attitude du ministre de l'Intérieur Sarkozy pendant la crise diplomatique de 2003, crise au plus fort de laquelle Dominique de Villepin fit son discours à l'ONU et où la France menaça de mettre son veto. Nicolas Sarkozy observa un silence qui ne lui était pas habituel (3). Dire qu'il était favorable à l'envoi de nos troupes en Irak serait sans doute trop aventureux. Monsieur nous a traité de menteurs mercredi, soyons donc humbles et ne provoquons pas de procès d'intention. En revanche, il a bien prononcé la phrase suivante (4) : « La menace de l'utilisation de notre droit de veto était inutile ». Et c'est d'ailleurs ce que claironnait Pierre Lellouche, très proche du ministre de l'Intérieur en 2003, sur tous les plateaux de télévision. Pierre Lellouche, lui, ne faisait pas mystère de son soutien à l'opération américaine en Irak. C'était aussi le cas de Bernard Kouchner lequel devint, plus logiquement qu'on ne l'a cru, ministre des affaires étrangères en mai 2007 (5).

« On peut très bien vivre son atlantisme en dehors du commandement intégré ! »
On peut se permettre deux conseils à Nicolas Sarkozy. Qu'il assume son atlantisme. Qu'il assume sa dilection pour toutes les structures intégrées bruxelloises. On y verra davantage clair. Et la clarté ne nuit pas au débat démocratique. Et surtout qu'il renonce à sa décision. Car on peut très bien vivre son atlantisme en dehors du commandement intégré ! La preuve : il le fait lui-même depuis dix-huit mois. Le statut-quo, très souple -dans l'alliance mais pas dans le C.I -, a permis à 6 présidents de mener des actions diplomatiques qui n'allaient pas toujours dans le même sens. Ainsi, alors même que le gouvernement comptait des ministres communistes, François Mitterrand prononça le discours du Bundestag en 1983 lors de la crise des euromissiles. Plus tard, il se rangea, au grand désespoir de son ministre de la Défense, derrière l'Amérique de George Bush Senior dans le Golfe. Cela ne l'a pas empêché de refuser le projet de « Guerre des étoiles » de Ronald Reagan ni de continuer peu ou prou la politique de ses prédécesseurs au Proche-orient. Jacques Chirac, quant à lui, refusa la guerre d'Irak mais tomba d'accord avec les États-Unis sur les Balkans.

C'est peine perdue. Nicolas Sarkozy ne suivra pas ces conseils : il procède avec la diplomatie de la France comme avec les institutions. Il souhaite inscrire sa propre pratique dans les textes. Il est là, le péché le plus grave du sarkozysme.

(1). A laquelle j'étais opposé, mais c'est une autre histoire.
(2). La volonté de ne pas vouloir la France subordonnée ne date pas du Général : Philippe-Auguste qui se voulait “empereur en son royaume”, Philippe le Bel qui envoya Nogaret souffleter le Pape Boniface VIII et François Ier qui fit alliance avec Soliman le Magnifique défendaient eux aussi cette vision.
(3). C'était l'époque où, déjà, son activisme lui permettait de “résoudre” la crise lycéenne au grand désarroi de Luc Ferry.
(4). Encore lors de son déplacement le 11 septembre 2006 à New-York, où il fut décidément très bavard. (5). On a souvent dit que Sarkozy avait hésité entre Kouchner et Védrine pour ce poste. Rien n'est plus faux. C'est la Chancellerie qui a été proposée à Védrine.

# Enviado el sábado 14 de marzo de 2009 08:23

Exclusif : la loi Hadopi chère et inefficace...

Exclusif : la loi Hadopi chère et inefficace…
Annexé au projet de loi Création et Internet défendu par Christine Albanel, le document que s'est procuré le journal Marianne prouve que les options retenues par le ministère de la Culture pour lutter contre le téléchargement illégal seraient coûteuses à mettre en place et techniquement inefficace. jeunesse-yes-we-can publie en exclusivité cette note confidentielle.

C'est un rapport, désormais public, que les députés s'apprêtant à voter la loi Création et Internet, et son volet répression du téléchargement, n'ont malheureusement pas reçu dans leur casier. Pas plus que les annexes, qui elles demeurent confidentielles et dont le quotidien Marianne a pu prendre connaissance.

Produit par les crânes d'½ufs du Conseil général des technologies de l'information (CGTI), en gros le corps des ingénieurs telecom, ce rapport (en téléchargement ci-dessous) réalisé à la demande des ministères de l'économie et de la culture, est on ne peut plus sévére sur la faisabilité technique de la coupure du flux internet pour acte de piratage.

Le projet de loi Création et Internet, défendu bec et ongle par Christine Albanel dans l'hémicycle, prévoyait la coupure de la connexion Internet de toute personne ayant procédé à des téléchargements illégaux. Or, sur chacun des points de cette « répression du piratage », la note confidentielle met à mal les rêves de filtre infaillible de la ministre de la Culture.


Premier souci : difficile de savoir qui utilise un réseau filaire ou sans fil pour récupérer des films sur un réseau. Entre les réseaux Wifi publics, les téléphones portables bientôt assez puissants pour télécharger ou les accès en entreprise, la note recense toutes les failles du système qui empêchent d'identifier le « coupable ». Difficile d'attraper le voleur quand on n'a identifié que l'échelle !


La coupure même de la connexion Internet pose ensuite la question des offres « triple play », combinant accès au web, téléphone et télévision. Interrompre la connexion, c'est empêcher de télécharger... mais aussi de passer des coups de fil et de regarder TF1 ! Les solutions techniques impliquent pour les fournisseurs d'accès « d'industrialiser la procédure » permettant de ne couper qu'une partie du service, autrement dit de modifier tous leurs modems afin de permettre à l'Etat de couper l'accès au web !


Un frein parmi d'autres qui amène les conseillers techniques à conclure que les limitations prévues par la loi « ne peuvent être ni rapidement ni pleinement surmontées. »

Faute de trouver le raccourci technique magique auquel rêvait le ministère de la Culture, ils prônent la modification d'un terme crucial du projet de loi : à « suspension » du service Internet, « il sera alors préférable de substituer le mot restriction. »


Et c'est un argument que beaucoup avaient oubliés pour contrer la loi Hadopi : avant d'être liberticide ou rétrograde, elle est avant tout sarkozyste. C'est-à-dire, à l'instar des heures supplémentaires ou du paquet fiscal, foncièrement chère et inefficace !


Télécharger le Rapport
[ Añadir un comentario ] [ Ningún comentario ]

# Enviado el sábado 14 de marzo de 2009 08:21

Le capitalisme actionnarial est mort!

Le capitalisme actionnarial est mort!
Vouloir réglementer le partage des profits serait porter atteinte au droit de propriété? Les libres dividendes ou le chaos, en somme. Un argument grossier et malhonnête qui montre les limites du capitalisme actionnarial.


Il est deux manières d'observer la crise. On peut constater son avancement inexorable avec la publication régulière des chiffres mesurant l'étendue du désastre pour annoncer avec une fascination morbide des prévisions toujours plus apocalyptiques. Mais on peut aussi mesurer de manière plus réjouissante sa progression par les évolutions qu'elle suscite dans les représentations du système économique. Il est passionnant de voir les dogmes tomber un à un, les tabous se lever, les remises en questions se faire de plus en plus profondes et finalement le chaos s'installer dans tous les esprits à mesure que le système prend l'eau.

Certes, on trouve toujours quelques irréductibles que rien ne pourra jamais ébranler dans leurs certitudes : des anticapitalistes nihilistes, des antisarkozystes viscéraux pour qui la politique se limite au si rassurant clivage gauche droite dans notre si vieux et si dépassé cadre franco-français ou des libéraux dogmatiques qui s'obstinent contre toute évidence à réciter leur bréviaire appris par c½ur. Plus intéressant est d'observer l'évolution de ceux qui osent évoluer et se poser les bonnes questions, même s'ils sont encore incapable d'y répondre.

L'euro va « éclater » selon Christian Saint-Etienne
On a ainsi pu entendre récemment l'orthodoxe Christian Saint-Etienne dans un duel tendu avec Emmanuel Todd tenir des propos définitif sur l'Euro dont il annonçait brutalement l'inévitable éclatement faute pour l'Europe de pouvoir se doter d'une stratégie économique ou sur le libre-échange dont il contestait le principe au nom de l'équité de la concurrence tout en rejetant avec la même force son antithèse protectionniste.

Après la mondialisation que plus personne n'ose présenter comme une chance ou un atout. Après la clairvoyance des marchés financiers désormais assimilés à un jeu malsain de spéculateurs avides et irresponsables. Après le système bancaire en qui nul n'a plus confiance et que tous souhaitent voir nationalisé au plus vite. Après les déficits publics autrefois honnis et maintenant considérés comme la seule planche de salut possible pour endiguer la spirale dépressive. C'est désormais le fondement même de l'économie capitalisme, à savoir la propriété privée des moyens de production, qui est aujourd'hui attaquée.

Assez paradoxalement, la polémique a été lancée par Nicolas Sarkozy lui-même lors de sa dernière prestation télévisuelle lorsqu'il a lancé l'idée du partage des profits en trois tiers : Investissements, Salariés, Actionnaires.

« Les suppôts du grand capital »
Les hétérodoxes, tels Sylvain Lapoix ou Jean Luc Gréau dans Marianne2, y ont immédiatement vu une manière de détourner l'attention du vrai sujet c'est-à-dire celui du niveau des salaires. Mais c'est finalement les libéraux purs et durs, que l'on peut pour l'occasion aisément qualifier de suppôts du grand capital, tels Laurence Parisot, Pascal Salin ou Philippe Manière dans une tribune dans Marianne, qui ont réellement ouvert le débat avec un argument aussi imparable que grossier : Vouloir réglementer le partage des profits serait porter atteinte au droit de propriété. On a même vu des blogueurs d'habitude mieux inspirés se croire malin de répéter bêtement les leçons apprises sur les bancs de la fac : Les profits appartiennent à l'actionnaire. C'est une rémunération de leur risque, sans laquelle il n'y aurait ni esprit d'entreprise ni investissement, ni entreprises, donc plus d'emplois : Les libres dividendes ou le chaos !

L'argument est tellement grossier et malhonnête qu'il se retourne aussitôt contre la thèse qu'il est sensé servir. Car il ne s'agit pas ici du créateur d'entreprise qui investit tout son temps, son énergie et son patrimoine dans son projet professionnel, mais d'un investisseur qui place son épargne dans un produit susceptible de lui rapporter.

On pourrait s'interroger avec l'excellent Frédéric Lordon sur la réalité du risque encouru par l'actionnaire dans un système fondé sur la rentabilité maximale du capital ou sur le caractère indispensable de ses apports de capitaux lorsque « le capital actionnarial pompe plus de liquidités aux entreprises cotées qu'il ne lui en apporte » Mais c'est sur le lien entre détention du capital et propriété que le débat devient réellement explosif.

Peut-on encore raisonnablement considérer qu'un épargnant qui place un peu d'épargne en actions ou dans un produit financier complexe est « propriétaire » de l'entreprise dans laquelle il investit, lorsqu'il son intérêt pour l'entreprise se limite à quelques ratios financier, qu'il ne participe pas aux décisions de gestion, qu'il ne sait le plus souvent pas dans quelle entreprise son argent est réellement investi et qu'il peut revendre ses parts à tout moment ?

En principe la propriété s'exprime par un attachement affectif et durable à l'objet qu'on possède. Généralement, on prend soin d'un bien dont on est propriétaire, on l'entretient, on s'attache à le faire durer. On ne cherche pas à en tirer le maximum de profit en un minimum de temps.

La frontière entre l'actionnaire et le créancier n'est plus si ténue
L'intermédiation financière a, en réalité, rompu tout lien personnel, a fortiori affectif, entre l'investisseur et sa propriété, de sorte qu'un actionnaire moderne n'est pas plus propriétaire de l'entreprise dans laquelle il a investi qu'un titulaire de bons du trésor ne l'est de l'Etat dont il finance la dette. La finance moderne a grandement estompé la différence qui existe en théorie entre l'actionnaire et le créancier.

Le rappel au dogme de la propriété de l'actionnaire sur l'entreprise a toutefois amené certains esprits éclairés à le remettre en question au vu du désastre actuel. Ainsi, le très libéral (mais néanmoins toujours intelligent) Nicolas Baverez dans une tribune parue dans Le Monde de ce jour met en accusation le rôle de l'actionnaire : « la foi dans l'autorégulation des marchés reposait sur le principe qu'actionnaires et dirigeants défendraient le développement pérenne de l'entreprise ; en réalité ils ont privilégié leur enrichissement immédiat au détriment de sa croissance de long terme (les leviers d'endettement, les programmes de rachat d'action, ou les rémunérations démesurées en témoignent). »

Dans la même édition, le PDG de Danone Franck Riboud fait le même constat. « Pendant de nombreuses années, il était admis qu'une société cotée avait pour seule finalité de générer une valeur maximale et toujours croissante pour ses actionnaires. Cette conception étroite du rôle de l'entreprise nous a conduit dans l'impasse, parce que la recherche du profit n'est mécaniquement pas durable : à force de se laisser griser par des taux de rendements de 10, de 15, de 20 et pourquoi pas de 25% , on oublie simplement qu'il y a une limite au-delà de laquelle le château de cartes s'écroule. Et cette limite, nous venons de la franchir. »

Quel est donc ce propriétaire qui s'évertue à détruire ce qu'il prétend posséder ? Mais alors si les entreprises cotées n'appartiennent plus aux actionnaires, à qui appartiennent-elles ? Qui doit décider des décisions stratégiques qui les gouvernent ?

« Une entreprise ne doit pas seulement créer du profit pour l'actionnaire »
Franck Riboud fournit une piste intéressante en rappelant que les autres parties prenantes de l'entreprise participent aux cotés de l'actionnaire à la création de richesses : fournisseurs, salariés, clients, territoires... et qu'une entreprise ne doit pas seulement créer du profit pour l'actionnaire mais aussi de la valeur pour toutes les parties prenantes, du développement et du bien être pour son environnement dont dépend sa pérennité. Et pour finir de rappeler qu'une entreprise doit avoir une utilité sociale.

La crise vient donc de mettre sur la table un sujet passionnant auquel il faudra apporter une réponse dans le cadre de la refondation du capitalisme sans laquelle il n'y aura pas de sortie de crise : si gérer les entreprises au regard des seuls intérêts des actionnaires conduit à la catastrophe et si réglementer la « profitation » des entreprises est impossible au nom du droit de propriété capitaliste, il serait sage de revoir cette notion de droit de propriété pour ne réserver le pouvoir de décision qu'aux seuls actionnaires de long terme ou l'élargir aux autres parties prenantes de l'entreprise en particulier les salariés, les territoires et les fournisseurs.



# Enviado el lunes 09 de marzo de 2009 15:32